L ‘ALTERNANCE DEMOCRATIQUE NON VIOLENTE ET UN DEVELOPPEMENT DUR ABLE EN AFRIQUE / CARNET D’UN PRISONNIER POLITIQUE EN R.D.CONGO

CARNET D’UN PRISONNIER POLITIQUE EN R.D.CONGO


EUGENE DIOMI NDONGALA: PONA KONGO

L ‘ALTERNANCE DEMOCRATIQUE NON VIOLENTE ET UN DEVELOPPEMENT DURABLE EN AFRIQUE

par FreeDiomi

entete alternance democratique
L’histoire recentre de l’Afrique Centrale peut être considérée comme le paradigme d’une certaine évolution des rapports entre l’Europe et l’Afrique, dans un contexte de mondialisation.
Après la fin de la guerre froide, avec la chute symbolique du mur de Berlin, des dictatures sont tombées en Afrique, dont celle de Mobutu Sese Seko au Congo-Zaïre, qui est resté au pouvoir pendant plus de trois décennies.
La chute du régime mobutiste a été l’œuvre d’une rébellion de façade qui cachait mal une guerre d’invasion, avec un soubassement économique, dont les conséquences néfastes sont toujours perceptibles en République Démocratique du Congo, avec des conflits de basse intensité qui continuent à ajouter des victimes aux millions de morts déjà enregistrés depuis 1996.
Ces bouleversements violents ont provoqué la prise du pouvoir aussi bien en R.D.Congo qu’ en Ouganda, Rwanda, Burundi, de la part d’une classe politique issue de rebellions “de proxy“ des années ‘90. Il s’agit, en d’autres termes, d’un phénomène régional, si pas soutenu, au moins toléré par la communauté internationale pour chasser les dictateurs au pouvoir depuis des décennies.
Les “seigneurs de la guerre”, même s’ils ont tronqué leurs uniformes avec des costumes et cravates, ont continué à être adeptes, jusqu’ aujourd’hui, d’une gouvernance violente et répressive, irrespectueuse aussi bien des droits de l’homme que des droits civils et politiques. Leur gestion économique, dans la majorité des cas, n’a pas assuré ni l’autonomie alimentaire de leurs populations et encore moins le développement durable de leurs pays. Sur le plan régional, le pillage entre états, des plus forts militairement sur les plus faibles, est encore en cours…
Le Congo Démocratique, un des pays potentiellement les plus riches au monde grâce aux nombreuses ressources naturelles, mais aussi le plus pauvre selon l’indice de développement humain, IDH, n’a pas surmonté ce paradoxe économique après la chute de Mobutu, le régime de M. Kabila étant incapable de faire profiter sa population des richesses du pays, à travers une politique de développement durable.
Les régimes des “seigneurs de la guerre”, aussi bien au Congo que dans d’autres pays dont les élites politiques sont issus de rebellions armées, sont souvent stigmatisés à cause de la corruption généralisée, de la répression politique violente et de la “fracture sociale” entre les élites au pouvoir et le reste de la population.
Dans beaucoup de pays africains, une classe dirigeante “kleptocratique” règne sur des masses ravagées par la faim, l’exposition à l’insécurité et dont la conscientisation politique et sociale est limitée par l’analphabétisme de larges couche de la population. Cela abouti d’ ailleurs à des migrations de masse vers l’Europe.

Ce n’est pas un hasard si 80% des membres qui composent l’actuel exécutif en R.D. Congo, par exemple, sont issus des rebellions de “proxy” qui ont ensanglanté notre pays au cours des dernières décennies.

Nous vivons, aujourd’hui, un moment “charnière” de notre histoire car la classe politique issue des mouvements rebelles veut s’éterniser au pouvoir, exactement comme les dictatures qu’elles avaient défaites:
c ‘est le cas du Congo-Kinshasa, mais aussi du Rwanda, du Burundi et du Congo Brazzaville. Mais les anciens “seigneurs de la guerre” doivent faire face à des formations politiques progressistes et des mouvements citoyens qui veulent pacifiquement leur barrer la route.
En d’autres termes, soit l’alternance politique démocratique aura finalement lieu en Afrique, permettant la prise du pouvoir par des nouvelles élites politiques non armées, soit on sacrifiera le futur de plusieurs générations sur l’autel du cycle vicieux de la prise du pouvoir par la force.
L’exemple du Burkina nous rassure sur la capacité des nouvelles générations de s’assumer et de lutter pour la défense de leurs droits civils et politiques. La contre-révolution avortée de l’ancienne garde présidentielle du déchu Président Compaore a prouvé, à la face du monde, que la mobilisation pacifique de la population est en mesure de mettre en échec les velléités rétrogrades des putschistes réactionnaires.
Dans ce momentum” crucial de l’histoire de l’Afrique, le rôle des partis politiques progressistes et celui des mouvements citoyens est central car il leur revient la tache ardue d’accompagner leurs peuples sur les chemins qui conduisent à des véritables processus de démocratisation, capables d’aboutir à la vrai stabilité sociale, politique et économique.
En effet, dans beaucoup de pays africains, plus qu’ élire les dirigeants on se limite à voter, sans aucune maitrise du processus électoral. C’est d’ailleurs le cas de la RD.Congo depuis une décennie.

Actuellement, la R.D.Congo vit une crise politique de grande envergure due à l’absence de consensus politique sur le processus électoral et consécutive à la stratégie politique du régime Kabila dite du “glissement”, consistant à ne pas organiser les élections pour se maintenir “de facto” au pouvoir

Cela doit changer¨!
En République Démocratique du Congo, les leaders des forces politiques progressistes et non violentes croupissent en ce moment dans les geôles du régime Kabila, qui craint leur capacité de mobilisation et il croit pouvoir bloquer la passation pacifique du pouvoir telle que prévue par la Constitution actuellement en vigueur, musèlent la presse, embastillant les leaders politiques comme votre serviteur, Eugene Diomi Ndongala et les leaders de la société civile engagée comme Christopher Ngoy. Au Rwanda, nous pourrions citer le cas de M.me Ingabire. Au Burundi, la succession d’assassinats politiques sont le produit d’une politique de violation de la Constitution et de la volonté de confisquer le pouvoir par la force.
Voilà pourquoi la problématique de l’alternance pacifique au pouvoir est si importante en ce moment, en Afrique.

  • Que les militaires restent dans les casernes et assurent la sécurité extérieure de leur pays.
  • Que les rebelles ne reçoivent plus des “primes de guerre” assumant des hautes position de pouvoir après avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
  • Que les acteurs politiques du changement soient soutenus dans leur combat pour la défense des droits civils et politiques des citoyens africains. Qu’il n ait plus de prisonniers politiques dans les cachots- mouroir des régimes liberticides encore au pouvoir en Afrique.

C ‘est cela notre vision pour une Afrique Centrale stable, en paix et surtout capable d’assurer l’alternance politique comme un événement “normal” et “périodique” dans vie politique des jeunes démocraties africaines.

Nous sommes convaincus que la fin du cycle de la gestion du pouvoir d’état par les “seigneurs de la guerre” pourra assurer un meilleur fonctionnement des institutions politiques et une majeure prise en compte des besoins des populations, par des mécanismes de ”accountability” politique vi-à-vis des électeurs et le lancement de politiques de coopération internationale basées sur le transfert de technologie avec les partenaires internationaux et particulièrement ceux européens.
L’Europe et les Etats Unis doivent soutenir la démilitarisation du pouvoir politique en Afrique, plaidant en premier lieu pour la libération des prisonniers politiques et d’opinion, la liberté d ‘expression mais aussi sanctionnant les responsables politiques qui veulent s’accrocher au pouvoir par des changements de Constitutions et par des manœuvres politiques de prolongation inconstitutionnelle de leur mandat.
En effet, le développement économique durable de l’Afrique ne peut que procéder parallèlement à la conscientisation politique de sa population qui doit être soutenue dans sa revendication d’une passation pacifique de pouvoir entre présidents sortant et nouveaux élus.
L’alternance politique joue un rôle crucial dans ce processus de consolidation démocratique des états africains car la confiscation du pouvoir par la force ne peut qu’engendre la dictature, la violence, la répression politique et le sous-développement.

Eugène Diomi Ndongala

PN de la Démocratie Chrétienne, DC,
Prisonnier politique en R.D.Congo

https://diomiponakongo.wordpress.com/2015/10/14/l-alternance-democratique-non-violente-et-un-developpement-durable-en-afrique/

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