RDC : le CODHO plaide pour la libération des prisonniers politiques /AFRIKARABIA

RDC : le CODHO plaide pour la libération des prisonniers politiques /AFRIKARABIA

par FreeDiomi le 28 septembre 2015
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Prisooniers politiques RDC 2RDC : le CODHO plaide pour la libération des prisonniers politiques

27 sept 2015
congo, prisonniers politiques, RDC
par Christophe RIGAUD

A un peu plus d’un an de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), le Comité des Observateurs des Droits de l’Homme (CODHO) exige la libération des prisonniers politiques et d’opinion « victimes d’une justice sous les ordres du pouvoir ».

Prisooniers politiques RDC 2

Le climat de défiance s’accentue envers le président Joseph Kabila à Kinshasa. L’opposition redoute que le chef de l’Etat ne cherche à retarder le cycle électoral pour se maintenir au pouvoir au-delà de 2016. La Constitution interdit en effet à Joseph Kabila de briguer un troisième mandat et en janvier 2015, les manifestations contre un troisième mandat du président Kabila avaient été violemment réprimées par les forces de sécurité. Les ONG internationales dressaient un bilan « d’au moins 42 morts ». Dans ce contexte de tension politique extrême, les ONG des droits de l’homme craignent une aggravation de la répression politique. Le Comité des Observateurs des Droits de l’Homme (CODHO) dénonce, lui, ceux qui sont déjà emprisonnés pour leur opinion politique.
« Grossière mise en scène »

Depuis plusieurs années, nombreux sont les responsables politiques de l’opposition qui sont passés par la case prison, ou sont encore détenus dans les geôles de Makala, la prison centrale de Kinshasa. Le CODHO vient de lancer un appel pour libérer ces prisonniers politiques et d’opinion qu’il considère comme « victimes d’une justice sous les ordres du pouvoir exécutif, c’est à dire le président et le gouvernement de la République ». Le comité dénonce l’incarcération de cinq détenus politiques et trois d’opinion. L’un des plus anciens est le président de la Démocratie Chrétienne (DC), Eugène Diomi Ndongala, en charge de mettre en place la contestation pour le compte de l’opposant Etienne Tshisekedi, après la réélection contestée du président Joseph Kabila en 2011. Enlevé en 2012 et relâché la veille de la venue de François Hollande, Diomi Ndongala est de nouveau arrêté en avril 2013 pour une affaire de moeurs, qualifié de « grossière mise en scène visant à son élimination politique ». Il est condamné en mars 2014 à 10 ans de prison ferme.

Les anciens alliés de la majorité particulièrement visés
Jean-Claude Muyambo était membre de la majorité présidentielle (MP) et président de son propre parti politique, Solidarité congolaise pour la démocratie et le Développement (SCODE). Après s’être opposé publiquement contre un troisième mandat de Joseph Kabila, la justice congolaise s’est subitement manifestée en l’accusant « d’abus de confiance, de menaces d’attentat et de rétention de documents ». Son arrestation a lieu le 20 janvier 2015, la veille des importantes manifestations pour « le respect de la Constitution » à Kinshasa et Goma, auxquelles la SCODE participait. Le CODHO dénonce « des chefs d’inculpation factices pour un procès politique visant à faire taire Jean-Claude Muyambo ». « Il encoure le risque de peine de mort » s’inquiète le comité. Le secrétaire général de la SCODE, Cyrille Dowe Mupampa, a lui aussi été interpelé à la veilles des manifestations de janvier. Détenu au secret pendant 156 jours dans les geôles de l’ANR, les services de renseignements congolais, il a ensuite été transféré à la prison de Makala à Kinshasa.
Détentions extra-judiciaires
Egalement dans le collimateur de la justice congolaise : Vano Kalembe Kiboko, président de l’association katangaise LLM. Cet ancien élu de Kolwezi a été condamné en septembre 2015 à 3 ans de prison pour « haine raciale, tribalisme et divulgation de faux bruits ». On lui reproche une manifestation organisée en décembre 2014 contre le démembrement du Katanga et la nouvelle loi de décentralisation. La police avait violemment réprimé cette marche. Au Nord-Kivu, Jean-Louis Ernest Kyaviro a tout d’abord été enlevé par l’ANR au cours des manifestations de janvier 2015 à Goma. Détenu lui aussi en dehors de toute procédure judiciaire dans les cellules des services de renseignements pendant 87 jours, il est transféré à la prison de Makala en juin 2015. Cet élu de Beni est accusé « d’atteinte à la sûreté de l’Etat et d’incitation à la désobéissance civile ». Il risque la peine de mort.
10 chefs d’accusation
Au rang des détenus d’opinion, le CODHO dénonce l’incarcération de Christopher Ngoy Mutamba, défenseur des droits de l’homme et président de l’association SCCD. Christopher Ngoy a été enlevé le 21 janvier 2015, en pleine manifestation contre le maintient au pouvoir de Joseph Kabila par les éléments de la Garde présidentielle. Détenu lui aussi au secret par l’ANR, il est accusé « d’être auteur ou coauteur des troubles enregistrés pendant les manifestations de janvier 2015 ». Christopher Ngoy est poursuivi pour 10 chefs d’accusation « sans la moindre preuve » selon le CODHO. Il risque également la peine de mort.
Mouvements citoyens réprimés
L’affaire « Filimbi » et « la Lucha » est elle aussi symptomatique de la répression politique accrue qui règne actuellement à Kinshasa. Frédéric Bauma et Yves Makwambala, tous deux membres de ces mouvements citoyens, ont été arrêtés le 15 mars 2015, à l’issue d’un atelier de formation qui visait à encourager les jeunes Congolais à accomplir leurs devoirs civiques. Des activistes Burkinabé du Balai Citoyen ont également été interpelés, puis finalement relâchés. Bauma et Yves Makwambala sont accusés de « haute trahison » et encourent la peine de mort. La récente chute du président Burkinabé Blaise Comparé sous la pression des mouvements de jeunesse, n’est sans doute pas un hasard dans l’arrestation de ces jeunes activistes africains.
Kamerhe et Katumbi également ciblés
Les autorités congolaises se sont toujours abritées derrière « l’indépendance de la justice » dans ces affaires, arguant que « personne n’était au dessus des lois », même les opposants politiques. Mais le CODHO et avec lui de nombreuses ONG des droits de l’homme, dénonce justement une justice partiale « aux ordres du pouvoir ». On peut en effet remarquer que les anciens alliés de la majorité présidentielle se sont tout de suite vus inquiétés par la justice, dès qu’ils se sont opposés au président Kabila. C’est le cas de Jean-Claude Muyambo, mais aussi, dans une moindre mesure puisqu’ils n’ont pas été incarcérés, de Vital Kamerhe, l’ancien bras droit de Kabila passé dans l’opposition avec une vieille affaire de diffamation, ou encore de Moïse Katumbi, qui a été la cible d’une plainte du chef de l’Etat. Katumbi qui pourrait prochainement annoncé sa candidature à la prochaine élection présidentielle.
Christophe RIGAUD – Afrikarabia.com

http://democratiechretienne.org/2015/09/28/rdc-le-codho-plaide-pour-la-liberation-des-prisonniers-politiques-afrikarabia/

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