CONFERENCE DE PRESSE DE M.ME DIOMI NDONGALA A LA VSV, 27/07/2012 – 3 VIDEOS

CONFERENCE DE PRESSE DE M.ME DIOMI NDONGALA A LA VSV, 27/07/2012 à 11h30

Je m’appelle Patrizia Diomi. Je suis depuis 20 ans  l’épouse de M. Eugène Diomi Ndongala, disparu depuis le 27/06/2012 à Kinshasa, le jour prévu de la tenue  d’une importante manifestation politique dont il était l’organisateur.

Je suis ici,  devant vous,  pour vous prendre à témoins  de la tentative du régime au pouvoir à Kinshasa  d’éliminer le député Eugène Diomi Ndongala,  tant « physiquement » que  « politiquement ».

« Physiquement », par une disparition longue et très pénible pour sa famille, qui continue depuis plus d’un mois, sans savoir quand elle prendra fin ;

«  Politiquement», par une stratégie honteuse qui vise à salir la victime d’un montage politico-judiciaire grossier, alors que l’opinion politique tant  nationale qu’internationale est désorientée par un véritable  lynchage médiatique.

Notre  calvaire  continue  depuis un mois et au nom de la famille Diomi je demande à ceux qui détiennent mon mari de le libérer car eux sont les premiers à savoir qu’il est absolument innocent.

Même dans un système politique où  les antivaleurs soient dominantes, il serait inconcevable de vouloir éliminer, dans l’impunité la plus totale, un homme politique de l’opposition à cause de ses opinions politiques et le faire disparaître dans la nature!

                                                                                                           

Quelle est la vraie  faute commise par mon mari pour mériter une condamnation à mort ?

Pourquoi des hiérarchies politiques et policières mentent–elles systématiquement au peuple congolais depuis plus d’un mois sur le sort du Député de l’opposition Eugène Diomi Ndongala ?

Je suis ici, devant vous, pour vous dire que les raisons de la séquestration d’Eugène Diomi Ndongala sont strictement liées à son engagement politique.

Depuis plus d’une année, mon mari a continué à se battre pour que les congolais puissent élire dignement  leurs dirigeants : au début de la campagne électorale, dès qu’il  mit  pieds dans la province du Kongo Central, il fut arrêté et emprisonné pendant deux mois, avec des prétextes découlant d’un montage politico-judiciaire heureusement dénoué après 10 semaines.

Au milieu de la  campagne électorale, tant mon mari que mes enfants furent les victimes d’un attentat perpétré par  un homme armé au service d’un baron du  PPRD, sans que cela n’émoie  la justice de ce pays, qui n’a jamais instruit notre  plainte pour investiguer sur la  tentative d’assassinat contre  mon époux et mes enfants, en juin 2011.

Et maintenant, voilà que les démons de l’intolérance politique se réveillent encore une fois et mon mari est à la merci d’un appareil politico-militaire liberticide, en tant que prisonnier politique, sans que ni sa famille ni les militants de son parti ne sachent où il se trouve, malgré toutes les recherches entreprises dans les lieux de détention tant officiels qu’extra-judiciaires, si nombreux malheureusement en RDC…

Quelle est la vraie faute commise par le Représentant  du peuple, Eugène Diomi Ndongala ?

Sa seule faute est son engagement politique aux côtés du Président Etienne Tshisekedi wa Mulumba ; sa faute coïncide avec  son combat pour la vérité des urnes et pour que les congolais ne puissent plus se limiter à « voter » mais aussi  et surtout à « élire » leurs dirigeants, comme dans  tous les autres pays libres et démocratiques du monde.

Sa faute a été le lancement de la Majorité Présidentielle Populaire, une plateforme politique dont l’objectif statutaire est justement l’affirmation d’une démocratie « gouvernante » et non « gouvernée», en République Démocratique du Congo.

Son crime de lèse-majesté a été de  vouloir organiser une Messe à la Cathédrale Notre Dame du Congo pour compatir avec les populations déplacées  de l’Est de la RDC  et cela sous l’égide de la MPP et en présence du Président Etienne Tshisekedi.

Son crime a été de croire qu’en RDC pouvait y avoir  de la place pour l’exercice des droits civils et politiques : il était confiant que la signature par 69 partis politiques de l’opposition de la charte constitutive de la  MPP  était un droit constitutionnellement garanti, alors que malheureusement, depuis les dernières élections du 28 novembre 2011, aucun droit n’est reconnu à l’opposition politique congolaise: aucune manifestation n’est autorisée, aucun meeting ne peut avoir lieu et les dissidents sont traqués et emprisonnés : Chalupa, Diomi mais avant eux Mokia, Kuthino, sans parler des nombreux militants des partis politiques de l’opposition qui ont disparu depuis les dernières élections de novembre 2011 et dont les familles n’ont même pas eu le droit de pleurer sur leurs dépouilles mortelles, car les corps de ces victimes sont emportés par leurs bourreaux.

D’ailleurs, le lendemain de la promulgation des résultats fabriqués  des dernières élections présidentielles et législatives, le Président Tshisekedi a été placé aux arrêts domiciliaires et maintenant son bras droit, Eugène Diomi Ndongala, vient d’être effacé de la scène politique dans l’impunité la plus totale,  à cause de  son activisme politique non violent et son courage de dire la vérité au peuple congolais, deux caractéristiques  devenues trop gênantes pour le pouvoir issu de la fraude électorale.

Alors qu’il se rendait à la manifestation de signature de la Charte Constitutive de la MPP, il a été enlevé et ainsi  soustrait à sa famille et à ses proches.

Dans quel autre pays au monde un leader de l’opposition peut-il  être effacé de la scène politique, séquestré pour ses opinions politiques, dans la plus totale impunité ?

Dans quelle  autre « démocratie », un député en fonction peut voir son immunité parlementaire piétinée, comme cela a  été le cas pour le député  Eugène Diomi Ndongala ? 

Dans quel autre état « normal » de la planète, l’on peut essayer de salir l’honneur d’un homme politique sur la base des accusations calomnieuses d’un repris de justice notoire, multirécidiviste, connu par tous dans la ville de Kinshasa pour ses  activités  de « frappeur » et qui collabore activement avec la police politique aux ordres du colonel Kanyama, alias « esprit de mort »?

Je cite M. Kennedy Kambala, contre  lequel j’ai déjà déposé une plainte pour diffamation, accusations dommageables et association de malfaiteurs…

Dans quelle autre « démocratie » au monde peut-on accuser gratuitement un homme politique de « viol » alors qu’il n’est même pas présent sur le lieu  du prétendu crime ?

Existe-t-il en RDC le crime de viol télépathique ? Car mon mari était chez lui à la maison depuis 18 h00 le 26/06/2012 et il sera informé à partir de la maison, par téléphone, à 22heures de la descente des hommes du Colonel  Kanyama alias « esprit de mort », venus massivement occuper le siège de la Démocratie Chrétienne, pour que ce parti politique de l’opposition ne puisse plus fonctionner.

Comment peut-on prendre au sérieux la  bande  des « bana-kanyama » composée d’escrocs notoires et filles de joie alors que le prétendu père accusateur n’est pas le géniteur des dames présentées comme ses filles, qui d’ailleurs ne sont même pas des sœurs ?

Ça vaut si peu l’honneur d’un homme, en République Démocratique du Congo ?

Comment un procureur général de la République peut-il se prêter à couvrir les agissements criminels d’une bande de malfaiteurs, pour des raisons strictement politiques ? Permettre que le siège d’un parti d’opposition, doté depuis 20 ans de la personnalité juridique, soit occupé « de facto » et pillé par des policiers,  sans aucun document légal à l’appui ?

Comment un procureur général de la république peut–il donner en pâture à des  télévisons d’obédience du  pouvoir,  très intéressées et alertées en avance, une mise en scène de la police  visant à appuyer la présentation d’un opposant politique comme un criminel, en violations de toutes les normes de procédure pénale congolaise et surtout, en violation des garanties constitutionnelles de ce pays, comme la présomption d’innocence, le secret de l’instruction et, surtout, l’immunité d’un parlementaire en fonction ?

Les citoyens congolais doivent savoir que désormais il suffit qu’un trio des malfaiteurs organise un   « théâtre de chez-nous » dans la parcelle voisine pour qu’ils puissent se retrouver  accusés de « viol » à distance…de flagrant délit – même s’ils ne sont pas physiquement  présents sur le lieu du prétendu crime ;

et  ce sort peu enviable peut être réservé à leurs  travailleurs,  qui peuvent eux-aussi être accusés de « complicité de viol » et tous emprisonnés pendant longtemps au secret, sur la base d’une conception de la « justice » qui rime plutôt avec l’arbitraire le plus absolu…

Non, arrêtons ce théâtre de mauvais gout !

La famille du député Diomi Ndongala, prisonnier politique du régime Kabila, exige la libération immédiate de leur mari, père, fils et frère.

L’image de la RDC a été déjà suffisamment souillée par les agissements criminels de certains éléments des forces de l’ordre  dans les assassinats de  Floribert Chebeya, Fidèle Bazana, Armand Tungulu pour ajouter à cette liste macabre aussi le nom du député Eugène Diomi Ndongala.

La grande inquiétude de la famille doit s’arrêter, maintenant.

Libérez Eugène Diomi Ndongala.

Patrizia Diomi

Siège de la Voix des Sans Voix 27/07/2012 à 11h30

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